Salut Jean-Michel,

 

Je ne sais plus quand tu nous a laissés tant tu es vivant dans nos mémoires, tes chansons continuent malgré le temps qui voudrait les écraser, les recycler, les répandre, à nous émouvoir à rejoindre nos coeurs de vivant. Tu sais, tu nous a laissés tomber mais personne ne t'en veut ici bas. Il pleut toujours en Bretagne comme partout, Desolation Row n'est pas encore en France et on attend tous d'être amoureux de ta petite fille de rêve. Tu vois, on  est toujours avec tes chansons.

Bien sûr que Brian Jones est mort, bien sûr, tu nous as emmerdés avec ta chanson  de corbillard mais tu avais raison...

Tu nous l'avais dit que c'était ton dernier avis. On ne t'a pas cru, pauvres types que nous sommes. Nous avions fait tourné nos vieux vinyls sans imaginer l'avis du ciel.

Ici, en bas, tu vois, la vie est rude, le sol est sec comme le cul d'une poêle à frire, la mémoire est friable mais tes chansons restent dans nos coeurs comme les battements indispensables pour poursuivre la saga de nos artères. On n'a pas le choix, mon pote. Trente ans plus tard, on mord encore la vie à pleine dent et on fait toujours la course au soleil, tu sais. Je voudrais tant que tes proches, ta fille, ta femme, les autres, Kernoa, Jack Treese, sachent que tes chansons sont d'aujourd'hui, qu'elles sont libres et fiers d'appartenir à un patrimoine qu'aucune pluie de Bretagne ne pourrait effacer.

De Liège, en Belgique, cher Jean-Michel, je t'embrasse tendrement et si tu me fais une petite place à tes côtés là haut, sache que je vais prendre une guitare pour que tu nous joues la musique des anges, la musique de l'éternité.

Crois-moi, ça chauffer. Et si Jones est avec nous, ça va taper ferme.

En attendant ce jour, laisse-moi encore aimer ton regard et tes chansons qui m'accompagnent encore, souvent.

 

Guy Delhasse, écrivain.

 

Guy Delhasse
Belgique
guy.delhasse@skynet.be

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